Des hommes audacieux
découvrent le monde
|
Motivations géopolitiques |
Révolution technique et
scientifique | Recherche
scientifique | Esprit missionnaire |
Esprit d'aventure et courage |
Nommer et représenter
ce nouveau monde |
- Des motivations économiques :

La
route de la soie
lampas tissé au
Japon vers 1865
Crédit : Musée Historique des
Tissus de Lyon
Elle était doublée par une voie maritime amenant en
Europe les trésors de l'Orient :
les
soieries
et les
épices
tant convoitées.
L’usage excessif d’épices
dans la cuisine
médiévale permettait de mieux
conserver la viande et de
masquer
le goût faisandé des aliments. |

Caravane sur
la route de la
soie
d'après les récits de Marco Polo
La plus longue route commerciale terrestre de l'Antiquité
à partir du IIème s. après J.-C. ; trajet : plus de 7
000 km
Le voyage durait de 6 à 7 ans :
rares étaient ceux qui l'effectuaient en entier.
Crédit :
Cresques Abraham,
détail de l'Atlas catalan, 1375
La confection de la soie
|
On parlait d'îles fabuleuses au sud de la Chine où poussaient
à profusion le clou de
girofle et la noix de
muscade. Mais seuls les Arabes y avaient accès. Au XIIème siècle,
d'énormes jonques chinoises, transportant plus de mille personnes, s'engageaient
dans le golfe Persique pour venir y vendre des épices.
|
La lecture des
récits de Marco Polo |

Marco Polo
Gravure du
XVIe siècle,
Galerie de Mgr Badia, Rome
|

Deuxième
voyage de Maffeo et Nicolo Polo
et du fils de ce dernier, Marco
Crédit :
www.freewebs.com/worldtrade/
Périple vers Cathay
Après 25 ans d’absence,
Marco Polo revient à
Venise en 1295.
|
|

Annotations de la main de Christophe
Colomb
sur l'édition latine du livre de Marco Polo
Le livre des merveilles
Crédit : "Le Livre des Merveilles", édition latine,
Séville, Bibliotheca Colombina
Marco Polo
racontait que les toits des temples de Cipango (le Japon) étaient
recouverts d'or massif dans
Le devisement du monde. |
Le manque d'or :
L'or qui est à la base de l'activité économique de la Renaissance, n'est plus produit en quantité
suffisante en Europe. De plus, la conquête par l'Islam des principales régions où se
trouvent les mines d'or, explique les difficultés de la création
monétaire en Europe.

Ducat vénitien
début du XIVème siècle
pièce d'or frappée dès 1282
contenant 3,495 g d'or fin
Crédit : www.memo.fr Le ducat d'or vénitien devient une des pièces
principales de la
circulation monétaire en Europe.
|

Henri d'or frappé en 1550
à Villeneuve Saint-André les Avignon
Crédit :
www.cgb.fr/monnaies
Conséquence de la Renaissance, des portraits
apparaissent sur les monnaies. Ils seront de plus en plus
soignés, les rois choisissant les meilleurs graveurs du
pays pour les réaliser, à la fois par prestige
et par sécurité contre les fausses pièces. |
Le mythe des
cités d'or qui remonte au XIIème siècle, exacerbe cette recherche
de l'or.
- Des motivations géopolitiques :
|
La
chute de Constantinople en 1453 |
Le besoin de contourner la puissance ottomane qui, depuis le
milieu du XVe s., détient le monopole du commerce vers les Indes et de
s'affranchir des pirates
barbaresques qui pullulaient en Méditerranée.

La prise de Constantinople par les Turcs
enluminure de Jean Chartier, Chronique,
Belgique, XV°siècle
Elle menace le commerce avec l'Asie.
|

L'empire ottoman en 1550
Source :
www.collegeahuntsic.qc.ca
|
| Les
royaumes ibériques sont délivrés de la présence arabo-musulmane seulement
en 1492 |

El Cid
Campeador (1045-1099)
le héros de la Reconquista
La soif de terres : Les terres conquises sur les
maures sont partagées,
mais à la fin du
XVe siècle,
il n'y a plus de terres à coloniser sur le continent, il devient donc
nécessaire d'en chercher ailleurs.
Le soutien de Ferdinand et Isabelle est subordonné à
l'aboutissement de
la
Reconquista contre les Arabes dans la péninsule Ibérique
(prise de
Grenade). |
-
Une révolution technique
et scientifique :
|
Le gouvernail d'étambot |

Rame-gouvernail sur un bateau romain
datant du premier siècle ap. J.-C.
Source : http://wapedia.mobi/fr/Gouvernail
|

Une caraque ou nef
Au XII° s., apparaissent à Gênes et Venise
des navires marchands
pouvant emporter beaucoup de fret. |
Apparu au XIº siècle en Perse, le gouvernail remplace au XIVº siècle le
couple de longue rames utilisées jusqu'alors pour diriger les navires. L'utilisation du gouvernail
d'étambot diminue les efforts pour diriger le navire et permet d'emporter
des cargaisons plus lourdes. Cela signifie que les bénéfices
tirés de chaque voyage seront plus importants et que les expéditions
pourront être plus lointaines puisqu'on peut emporter plus de
vivres et qu'on peut se ravitailler dans des
comptoirs.
Les portugais inventent un nouveau
navire plus trapu que la galère et plus fin que la nef :
la caravelle
La coque est construite " à
carvel " avec des
planches ajustées bord à bord et
d'impeccables calfatages, ce qui assure un glissement dans l'eau bien supérieur
à ce que procurait la construction " à
clin ", c'est-à-dire les
planches se
chevauchant.
La caravelle est munie d'un
gréement double :
voiles carrées pour les allures au
vent arrière et voiles latines pour naviguer
au près. Le navire possède
trois mâts, ce qui permet, avec les combinaisons de gréements, de
pouvoir utiliser toutes les directions du vent et conserver le même cap.

Caravelles portugaises
dans le port de Lisbonne, XVIe siècle
Leurs plans étaient jalousement gardés secrets.
modifications apportées aux caravelles
Source : gmshistoire.blogspot.com |

Caravelle portugaise, XVIe siècle
avec trois
voiles latines
Les navires des explorateurs portugais arborent
la croix de l’Ordre du Christ
d'Henri le Navigateur.
Source : gmshistoire.blogspot.com |

Reconstitution de la
Nina
caravelle de Christophe Colomb
équipage de 25 hommes
Crédit : TV CHANNEL 2
Les navires des explorateurs espagnols arborent
la croix de l’Ordre du Temple.
Henri le
Navigateur, initiateur des grandes découvertes, est
nommé, en 1420, gouverneur de l'ordre du Christ, successeur
des chevaliers du Temple dont le siège était à Tomar
entre Porto et Lisbonne.
Source : gmshistoire.blogspot.com |

Plan d'une caravelle espagnole
à
deux
voiles carrées
identique aux vaisseaux de Christophe Colomb
La caravelle est l'outil des grandes découvertes :
voilier long, rapide et léger, aux lignes affinées.
Colomb et son pilote, Juan de La Cosa, savaient qu'ils
allaient devoir
faire une bonne partie du voyage avec l'alizé de nord-est, donc à des
allures de largue. Ils se méfiaient de la tenue à la mer des caravelles
à voiles latines dans ces conditions. Colomb modifia le gréement de
la Nina aux Canaries lors de son premier voyage, substituant à ses
voiles latines des voiles carrées au grand mât et à la misaine.
La vérité historique sur les bateaux de Colomb |
Déterminer sa
position : | Les coordonnées géographiques
|
Avant les grandes découvertes, les
marins avaient peur de s'éloigner en haute mer. Le
savoir des pilotes reposait uniquement sur la navigation
à l'estime, d'où leur
navigation près des côtes. De plus, la Méditerranée est une mer fermée : après quelques jours de
navigation en gardant le même cap, on est certain de trouver une terre connue.
Les portugais progressent par
cabotage le long des côtes
africaines et s'établissent aux Canaries, aux Açores et au Cap Vert.
| La
boussole (de l'italien bossolo, petite boîte) |
Lorsque les navires perdent la terre de vue, les navigateurs
doivent observer le Soleil ou les étoiles avec
des instruments de navigation. Les difficultés surgissent quand les
conditions atmosphériques ne permettent pas de voir le soleil le jour ou les
étoiles la nuit.
Trouver le Nord

Boussole chinoise
Si Nan (=gouverneur du sud)
de la
dynastie Han
de 206 av. J.-C. à 220 ap. J.-C
La plaque de bronze représente la Terre, la cuillère en
magnétite,
la Grande Ourse, est posée dans un cercle, le ciel.
Le manche de
celle-ci pivote vers le sud. Elle
sera
remplacée plus tard par une
aiguille pivotant sur son axe. Les 24 graduations, composées de huit
trigrammes, du Si
Nan sont
toujours utilisées de nos jours sur les
compas
des navires de pêche chinois.
Crédit : musée portuaire de Dunkerque
La boussole sera
introduite en Europe,
via le monde arabe, vers le XIIe siècle.
Alexander Neckam,
De nominibus ustensilium, 1180-87 (?) |

Boussole marine
origine chinoise attestée dès 1117
(Zhu Yu),
connue par les Arabes,
perfectionnée en Italie au début du XIV° siècle
Shen Kuo
décrit un
compas magnétique, flottant dans un
récipient d'eau
pour atténuer les mouvements du navire.
Il
sera mis au point pendant la dynastie des
Song. |
Le calcul de la longitude est alors inconnu
On est incapable de calculer la
longitude, car ce calcul nécessiterait d’avoir des horloges fiables ; ce qui
impossible jusqu'à la deuxième moitié du XVIIIème siècle, non que
l'on ne sache pas en construire, mais on ne sait pas en faire qui restent
fiables sur un navire en mer.
Le calcul de la latitude
Le calcul de la latitude se faisait avec
l'astrolabe.
L'astrolabe
astronomique (preneur d'étoiles)
a probablement été inventé par l'astronome grec
Hipparque, puis utilisé par Ptolémée.
L'astrolabe en laiton est originaire de
Perse et a été amélioré par les arabes.
L’astrolabe nautique, différent de
l'astronomique (à ne pas confondre), popularisé vers 1460, a
été simplifié pour être utilisé en mer. Un anneau coulé dans du laiton épais,
pour la solidité, est
marqué avec des degrés le long du bord.
L’astrolabe nautique était utilisé pour déterminer la latitude, c'est-à-dire la
position nord-sud sur le globe, en visant le Soleil à midi au moment où il
cesse de monter. Le complément à 90° de la hauteur du soleil avec la déclinaison
solaire donne la latitude en une seule opération. Il en reste quelques douzaines
d'exemplaires, les autres ayant disparu avec les navires.
Voir aussi : |
Tom Wujec (thèse universitaire) le fonctionnement de
l'astrolabe du XVème siècle (vidéo)
|
Les instruments des grandes découvertes |

Astrolabe nautique datant de 1568
musée national de Mahébourg
Crédit :
www.isle-bourbon.com
Principal instrument de navigation jusqu'au
XVIIIe siècle,
lorsque fut inventé le
sextant. Les
astrolabes du
XVe siècle
ne sont plus utilisables de
nos jours à cause de la
précession des équinoxes.
La principale source d’erreur venait de la difficulté à
aligner
l’alidade sur l'étoile choisie par mer agitée.
|

Christophe Colomb utilisant un astrolabe
Bronze, Don F. Wiegand, vers 1948
La tradition rapporte que Colomb en a utilisé un pour
mesurer la hauteur des astres. Certains croient toutefois
qu’il a employé un compas et un simple quadrant.
Source : Musée des Chevaliers de Colomb, New Haven,
Connecticut
Tom Wujec explique (en anglais)
le fonctionnement de l'astrolabe
|
|
Il faudra attendre le XVème siècle et l’établissement, vers 1485, de
tables pratiques de déclinaison du soleil pour voir se développer
l’astrolabe nautique utilisable de jour sur l’ensemble du globe. On doit
ce progrès aux Portugais : c’est
Martin Behaim, astronome du roi
Jean
II, qui en répandit l’usage auprès des navigateurs.
Source :
journal.hautehorlogerie.org
Le nocturlabe :
Grâce à lui, le navigateur peut faire le point la nuit et
connaitre l'heure.

Le
nocturlabe
C'est un astrolabe nocturne.
dessin d'Apianus,
1539
Crédit : www.louisg.ne |

Schéma d'utilisation du
nocturlabe
Crédit : journal.hautehorlogerie.org
Il se compose de deux disques gradués, d’un bras
tournant ou alidade et d’une poignée dont on se servait
pour le tenir à la verticale. |
|

La constellation de la Grande
Ourse
Crédit : www.louisg.net |

L'arbalestrille
in " Le traité de navigation "
de Jacques
de Vaulx (1583-84), pilote havrais
autre modèle en plus haute définition
Source : Bibliothèque
nationale de France
in commons.wikimedia.org |
Le calcul de la latitude la nuit : Il
repose
sur l'écart angulaire entre l'horizon et l'étoile polaire la nuit. Pour mesurer
la latitude, on utilise le cercle gradué en degré en alignant la marque
0° avec l’horizon. En pointant l’étoile polaire avec l’alidade, on lit la valeur angulaire représentant sa hauteur
et donc la latitude du lieu.
Le calcul de l'heure
nocturne : On place minuit face au jour du mois de l'observation et,
en tenant l'instrument à bout de bras, on vise l'étoile polaire au
travers du trou central. Il suffit alors de déplacer l'alidade (la
grande règle) jusqu'à ce qu'elle semble venir toucher une étoile prise
comme référence, bien entendu une étoile visible tout au long de la nuit
et toute l'année et proche de l'étoile polaire à cause de la longueur
limitée de l'alidade. Sur ce modèle, il s'agit des deux " gardes " de la
Grande Ourse (voir ci-dessus). Il suffit alors de lire l'heure sur la plaque centrale à
l'endroit où est positionnée l'alidade.
On ignore qui sont les inventeurs du nocturlabe et
l'époque où cet instrument est apparu.
Michel Coignet
le décrit pour la première fois en 1581.
Par la suite, la navigation a été facilitée par des inventions comme le
quadrant de
John Davis (vers 1595) ou l’octant de
John Hadley (1731),
prédécesseurs du sextant moderne, et, surtout, grâce à la résolution du
problème des longitudes par
John Harrison qui testa son premier
chronomètre de marine en 1736. |
Faire le point sur la
carte
marine
Les
portulans : Ils
deviennent de plus en plus précis grâce aux relevés des pilotes.
Leur invention est liée à celle de la boussole.
Ce sont des cartes marines où ne figurent que les renseignements pour la
navigation. Les Portulans dessinent le tracé détaillé des côtes. Le nom
des ports est placé obliquement par rapport à celles-ci, d'où le terme portugais
qui désigne ces cartes.
Ces cartes sont
construites sur un canevas de lignes le
marteloire,
différent du quadrillage des parallèles et des méridiens. Issues
de la rose des vents, ces lignes de rhumbs ne servent pas à mesurer les
distances, mais indiquent aux marins les angles de route pour se diriger grâce à
l'usage de l'aiguille aimantée de la toute nouvelle boussole.
Les
portulans qui
nous sont parvenus, sont la plupart du temps des cartes d’apparat, les cartes
utilisées par les marins ont généralement été perdues. Les portulans sont nés dans les cités marchandes
de Venise et Gênes et se sont développés au XIVème siècle.

" Carte marine de la mer Baltique, de la
mer du Nord,
de l'océan Atlantique Est, de la mer Méditerranée,
de la mer Noire et de la mer Rouge "
par
Angelino Dulcert, Majorque, 1339
Manuscrit de feuilles sur
vélin enluminées et assemblées
premier portulan connu élaboré
à Majorque
Comme sur les
autres cartes catalanes, la chaîne de l'Atlas épouse
la forme d'une patte de coq, les Alpes celle d'un T, les monts de
Bohême celle d'un fer à cheval.
Source : gallica.bnf.fr |

Atlas catalan,
1375
attribué à
Cresques Abraham
Partie occidentale
restaurée.
Crédit :
www.vallenajerilla.com
|
|
Majorque, la plus
grande des îles Baléares,
devient le grand centre des portulans. En 1354, le roi Pierre Ier
de Castille ordonne qu’aucun
navire ne sorte de Majorque s’il n’a pas au moins deux cartes
embarquées. Les Etats conservaient ces cartes comme leur plus
précieux trésor.
|

" Par quoi il apparaît
que la terre est ronde "
Gossuin de Metz
dans L'image du
monde
Copie du début du XIVe siècle, manuscrit sur parchemin, crédit : BNF
|

La carte dite des frères Colomb
autour de 1490
portulan de Bartolomeo et Cristoforo Colombo, Lisbonne
On l'a identifié d'après les
notes de Colomb que l'on a retrouvées
sur celui-ci. Le planisphère à gauche, comporte, au large des Indes,
l'île du Paradis Terrestre, que Colomb crut avoir découvert, lors de
son troisième voyage (Terre de Gracia et Margarita). Il était
persuadé de l'existence du jardin d'Eden. Dans sa lettre aux rois
catholiques envoyée en 1498 des Caraïbes,
il affirme en avoir trouvé l'entrée. |

Globe de Martin
Behaim, daté de
1492
Considéré comme le plus ancien globe connu, il
représentait l'état des connaissances
géographiques de l'époque.
Crédit : www.georouen.org
C'est le premier
grand globe que l’on ait conservé, de 1492, juste
avant le départ de Colomb. Il montre la face connue et inconnue
du monde, alors que les portulans montrent seulement l’œkoumène.
Le Japon y est représenté, mais évidemment pas l’Amérique. Si on
mettait le Japon où il est sur ce globe sur un spécimen actuel, il se
situerait à l’Est des Antilles ! Le globe terrestre est une innovation
conceptuelle fondamentale, mais ces erreurs ont conduit Colomb à
tenter la traversée de l’Atlantique. C'est pourquoi il n’a jamais
compris qu’il avait trouvé un nouveau continent. |

Carte de 1492 montrant l'océan atlantique
Reproduction du globe de Martin Behaim
Source : wikimedia.org
C'est l'image de la Terre
qu'avait Christophe Colomb avant son départ. |
L'utilisation des
alizés et des courants
marins :
il fallait utiliser judicieusement les vents, particulièrement les alizés sous
les tropiques.
Les navigateurs
ont pris en compte le système des vents. Les portugais ont compris que pour
aller sur la côte sud de l'Afrique, il valait mieux se laisser déporter à
l’ouest par les alizés, puis revenir ensuite vers le sud de l’Afrique, cette route maritime
s'est appelée la " volta ", elle a entraîné la découverte du Brésil !
Le système de la vuelta
(volta) a été transposé ensuite dans le Pacifique par les Espagnols.

La route des alizés
L'itinéraire classique du tour du monde en jaune est porté
par les
alizés. Ce sont des vents d'Est de 20 à 25 nœuds qui
soufflent dans l'hémisphère Nord à partir de
l'anticyclone des
Açores
(et des Bermudes). |

Les grands courants marins
Crédit : www.reynier.com |
| La projection de Mercator |
- Un souci de recherche scientifique :
| Marchandises
rapportées de l'Amérique par la Pinta |

Un plan de
tomates
Sur cette planche, elles ressemblent à l'actuelle variété " cœur de
bœuf ".
Source :
"
L'Histoire naturelle des indes "
| XVIIIe
: explorations scientifiques confiées à des missions de géographes et de
naturalistes |
- Un esprit missionnaire :
|
Le mythe
du prêtre Jean
- voir
ici également (Il s'agit sans doute du
négus d'Éthiopie)
|

Enluminure d'un portulan
-
La lettre du
Prêtre Jean : Des rumeurs prennent des proportions énormes,
lorsque commencent à circuler différentes versions d'une lettre, adressée par le
Prêtre Jean à différents monarques d'Europe ou au pape, selon les versions.
Cette fausse lettre qui est probablement une gigantesque mystification est lue
et propagée avec passion jusqu'à l'époque des Grandes Découvertes. Marco Polo et
Jean de Joinville
sont tous les deux convaincus que le royaume du prêtre Jean a existé.
Source : littexpress.over-blog.net
| L'idée de la
croisade défensive contre l'islam | Le renouveau du sens
missionnaire de l'Église |

Fac-similé d'un croquis de
Christophe Colomb
Des anges le protègent lors de son voyage.
en bas à gauche, sa signature dans le rectangle
Crédit : Commandant Charcot
Source : cristobal-colon.net/index.html
Christophe Colomb trouva un bon accueil auprès de la
reine Isabelle
qui s'intéressait à l'aspect missionnaire du projet : il s'agissait non
seulement de partir en exploration, mais de porter la " bonne
nouvelle " au Grand Khan de Chine (que Marco Polo avait jugé favorable aux
chrétiens) et peut-être même de prendre à revers les musulmans.
Christophe Colomb se doit aussi de montrer un objectif découlant du Moyen Age : l’extension de la foi chrétienne comme pour les
croisades. Depuis la chute des
États latins d'Orient
en 1291, les chrétiens cherchent sans cesse des alliés contre l’Islam. Or la
Chine de Marco Polo est présentée comme une alliée. De plus, toutes les nouvelles
populations doivent être converties pour renforcer la chrétienté.
Le départ de
Palos, le 3 août 1492 : " En cette année 1492, après que vos Altesses
eurent mis fin à la guerre contre les Maures en la très grande cité de Grenade
[...] elles pensèrent, comme ennemis de la secte de Mahomet, m'envoyer aux
Indes. Elles m'ordonnèrent d'emprunter la route de l'ouest, [...] m'anoblirent
et [...] décidèrent que je serais grand amiral de la flotte océane et vice-roi
des terres découvertes et à découvrir. [...] Je quittai le port de Palos. »
Extrait du journal de Christophe Colomb
La
découverte de l'Amérique

Christophe Colomb (Cristoforo Colombo)
portrait posthume réalisé par Ridolfo Ghirlandaio vers 1520
Source : Musée Il
Padiglione del Mare e della Navigazione, Gênes
Au Portugal, Christophe Colomb se procure
des livres qu'il consultera sans cesse pour étayer son grand rêve de
voyage vers les Indes :
- la
Géographie de Ptolémée
:
manuscrit de l'astronome alexandrin du IIe
siècle ap. J.-C.. retrouvé au début du XVe
siècle qui décrivait le monde connu en donnant, pour tous les lieux,
leurs coordonnées en degrés ; l'édition princeps de 1478, que Colomb
posséda, était accompagnée de 27 cartes ; l'Eurasie y mesurait 180
degrés ; la nomenclature de Ptolémée sera à l'origine de tout ce
qu'écriront et chercheront les explorateurs durant un siècle.

La carte de Ptolémée en trais gras
superposée à une projection de Mercator actuelle
Source : www.henry-davis.com
- l'Imago mundi
du cardinal Pierre d'Ailly
(1350-1420) : vaste compilation du savoir antique, où la notion de la
rotondité de la terre, garantie par l'autorité d'Aristote, est tenue
pour prouvée ; il y est dit qu'un même océan baigne les rivages
d'Espagne et ceux d'Asie. D'après un astronome plus ancien que Ptolémée,
Marin de
Tyr, l'Eurasie mesurait 225 degrés et non 180 degrés.
Colomb se livre à des calculs sur la largeur de cet océan : il adopte une mesure du degré de 45 milles nautiques (au lieu des 50° de
Ptolémée). D'où il conclut sur les marges de son exemplaire du livre que
" entre la
fin de l'Orient et la fin de l'Occident, il n'y a qu'une petite mer ".
" Les Indes ne sont pas à plus de 750 lieues à l'ouest des îles
Canaries. "
Pourquoi ne pas essayer de la franchir ? Les
relais entre l'Europe et l'Asie seraient la mystérieuse île " Antilia "
(portée sur les cartes depuis 1424, mais plus que probablement
imaginaire), et " Cypango " (le Japon) dont avait parlé Marco Polo.
- la
Description du monde
de Marco Polo
Le projet de voyage de Christophe Colomb
ressemble à celui de
la
lettre de Toscanelli adressée en 1474, par
ce savant florentin
à un chanoine de Lisbonne. Colomb a pu
emprunter ou non à Toscanelli son objectif asiatique, car l'idée était dans
l'air du temps et pour la concrétiser, on construisait des globes,
ce qui obligeait à donner une dimension précise à l'Atlantique. Colomb
en a réalisé, mais ceux qu'il a fabriqués ont disparu. Il
existe en revanche un globe de l'Allemand Martin Behaim, qui vécut au
Portugal en même temps que le Génois (cf. ci-dessus) : les dimensions de
l'Atlantique et la nomenclature des îles relais sont semblables à celles de la
" lettre de Toscanelli ".
Les souverains du Portugal s'intéressaient
depuis longtemps aux explorations atlantiques : leurs marins avaient
découvert chaque île de l'archipel des Açores et
l'on espérait, en allant toujours plus à l'ouest, parvenir à " Antilia "
ou " île des Sept Cités ", d'autant que des débris végétaux (provenant
de la côte américaine) étaient parfois rejetés sur les rivages açoréens.
Il semble même que l'existence du Brésil ait été pressentie : d'après
Colomb, le roi Jean II croyait qu'il y avait " une très grande terre
ferme à l'ouest ".
Chercher la route de
Catay (la Chine) et
des îles à épices de l'Inde par l'Occident, tel est le projet que le
Génois présente à la cour de Lisbonne. En vain, car l'intérêt immédiat du roi
Jean II est de poursuivre un autre objectif, alors sur le point
d'aboutir : contourner l'Afrique pour parvenir jusqu'à l'Inde. Ses
navigateurs s'étaient déjà avancés bien au sud de l'équateur, prouvant
ainsi que les " antipodes méridionaux " n'étaient pas inaccessibles,
comme l'avaient prétendu des savants des siècles passés.

Ambrosius
Theodosius Macrobius (395–423)
In Somnium Scipionis, Lib. II, Convivia primi diei Saturnaliorum,
Lib. VII, (vers 430 ap. J.-C.)
gravure sur bois de 12,3 cm de diamètre, dans un
livre de Joannes Rubeus Vercellensis, Venise, 1492
Il défend l'idée d'une
terre ronde avec deux hémisphères divisés par un océan équatorial (Alveus
Oceani). Cette théorie provient de
Cratès de
Mallos (II° s.
ap. J.-C..) ; voir la
reconstitution moderne du globe de ce dernier. Macrobius identifie
des
zones climatiques froides [frigida] et tempérées [temperata] et
torrides [perusta] (théorie de
Parménide). Dans
l'hémisphère sud, se trouve un vaste continent (Antipodum
Nobis Incognita). Les travaux de Macrobius étaient très populaires au
Moyen Age.
Les tractations de Colomb avec
les savants de l'entourage de Jean II se passent mal. Découragé, il
quitte le Portugal en 1485 et se rend dans le royaume de Castille de
Ferdinand et Isabelle. Il séjourne au
monastère de La Rabida près du port andalou de Palos. Au lendemain de la prise de Grenade,
Colomb obtient enfin ce qu'il désire ; le 17 avril 1492, il signe les
Capitulations de Santa Fe, qui lui confèrent les titres et prérogatives
d'amiral, vice-roi et gouverneur des " îles et terres fermes "
éventuellement découvertes. Les souverains lui remettent des lettres de
créance pour le Grand Khan. La Couronne participe à la moitié des
frais ; l'autre moitié est avancée à Colomb par des banquiers génois de
Séville.
En 1486, après avoir consulté les dernières
cartes du monde, Christophe Colomb envisage la possibilité d'atteindre
les Indes en naviguant vers l'Ouest.
The Geographical Conceptions of Columbus: A Critical Consideration of
Four ... par George Emra Nunn
La magistrale erreur de Christophe Colomb : Le coup de chance de Colomb aura été de prendre le départ des Canaries, à la latitude
exacte (28° N) où il sera poussé en droite ligne vers l'ouest par l'alizé. Après
seulement 35 jours de navigation à partir des Canaries, il aborde à
Guanahani à deux
heures du matin, qu'il baptise San Salvador, le 12 octobre 1492. C'est une
grande date que celle de la rencontre par les Européens des premiers
sauvages nus : les " Indiens ".
Le projet était en soi périlleux voire de la
pure folie vu la taille des bâtiments, l'état incertain de la mer et la
distance à parcourir, le voyage lui-même étant considéré comme sans
retour... Seuls des marins peu recommandables acceptèrent de s'embarquer dans cette aventure, les marins aguerris restant sur le quai
estimant avoir plus de chances de survivre en restant à terre !
Mais Colomb était " un des meilleurs navigateurs de tous les temps "
(d'après Mahn-Lot,1960).
D'après l'Encyclopaedia Universalis |
|

Carte de l'île d'Hispaniola
(Saint-Domingue)
dessinée par Christophe Colomb durant le premier voyage
Colomb se livre à une
navigation de découverte pour reconnaître la côte.
Source :
www.medarus.org
|

Les quatre voyages de Christophe Colomb
1er voyage : départ le 3 aout 1492 de Palos, arrivée
le 12 octobre à Guanahani, soit 71 jours, avec
une
escale aux Canaries, du 9 août au 6 septembre
Christophe Colomb eut toujours la conviction
de trouver
la route des Indes par l'Ouest.
carte plus détaillée
|

L'exploration des Caraïbes
|

Christophe Colomb débarquant au nouveau monde
Guanahani
(San Salvador, Bahamas) le 12 octobre 1492
Gravure sur cuivre de
Théodore de Bry,
in " Collectiones peregrinatiorum in Indiam orientalem et
Indiam
occidentalem, XIII partibus comprehenso a Theodoro, Joan-Theodoro
de Bry, et a Matheo Merian publicatae. Francofurti. 1590-1634.
Fol. (Chapitres I à VI, édité et illustré par T. de Bry) "
Colomb et ses accompagnateurs montrent par
leur
attitude et leur
accoutrement les entreprises peu humanistes qui vont présider à la
réduction des indigènes tandis que les
Indiens aux intentions
pacifiques méconnaissent
les motivations de leurs
visiteurs.
C'est un message anticatholique
et antiespagnol
de cet artiste hollandais et protestant.
NB : Toutes les gravures de Th. de Bry sont
monochromes.
|

" Christophe Colomb arrive en Amérique "
On voit la Nina, la Pinta et la Santa Maria
à l'arrière plan.
Chromo
de L. Prang & Co., Boston, 1893
Crédit : Prang Educational Co.
|

Christophe Colomb à la cour royale d'Espagne à
Barcelone
Victor A. Searles (Library of Congress, Washington)
Source : www.fotolibra.com/images |
-
L'esprit d'aventure et le courage :
La perte des navires portugais qui tentaient de franchir
le cap Bojador
(au Sahara occidental actuel), avait fait naître le mythe de l'existence de
monstres marins et la réputation de limite infranchissable pour ce
" cap de la
peur " comme le surnommaient les marins portugais. Après lui, s'étendait la
mer des Ténèbres.

Des marins audacieux se sont lancés cap à l'ouest vers des
univers totalement inconnus qu'on imaginait infestés de monstres.
Détail d'un portulan : les cartographes ont orné les portulans d'une
multitude de lieux mythiques et d'animaux imaginaires à l'aspect monstrueux
comme le Léviathan, énorme serpent de mer capable d'engloutir un navire entier.
De plus, les équipages étaient persuadés que la mer était en ébullition au niveau de
l'équateur.

Secunda etas mundi
in Chroniques de Nuremberg (Liber Chronicorum),
1493
de Hartmann Schedel
(édition allemande)
Ce planisphère orné de créatures fantastiques, a reçu l'imprimatur
de
l'Eglise catholique et raconte l'histoire du monde de la création au XV° siècle.
Cette carte est basée sur celle de Ptolémée et ne reflète absolument pas la découverte de
l'Amérique par Christophe Colomb.
Crédit : www.hrc.utexas.edu
-
Comment nommer et représenter ce nouveau monde ?

" America "
Christophe Colomb tient un astrolabe dans sa main gauche.
gravure de
Théodore Galle d'après un dessin de
Jan van
der Straet, vers1600
Amerigo Vespucci navigateur originaire de Florence en
Italie fut le premier à penser que la côte de l'Amérique du Sud constituait un
nouveau continent. En 1503, il fit état de cette découverte qu'il
appela " Mundus Novus ". Comme il signait ses écrits en
latin Americus Vespucius, le géographe Martin Waldseemüller prit la forme féminine de son
prénom (comme pour Europa et Asia) et nomma le continent
America.

Universalis
cosmographia... de Waldseemüller
(1507) projection en manteau
à comparer seulement
avec une projection équivalente comme à droite
(Ne faites pas dire aux élèves que l'Amérique est mal
dessinée...)
|

Planisphère réalisé avec SG
(logiciel de projections)
avec une
projection de Stabius-Werner III
|
En 1538, le cartographe flamand Mercator reprend le nom America
sur une de ses cartes. Le Nouveau Monde est désormais baptisé pour l'éternité.
Source : Herodote.net
" Les européens
et le monde : XVIème-XVIIIème siècle ", conférence
d'Alain Hugon, professeur à l'Université de Caen (bibliographie)
Voir aussi : | Les cartes anciennes
| Projections cordiformes
|
Quesada
explore la Nouvelle-Grenade |
Page mise à jour le
15/04/2012
|