La prévention des tsunamis
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Prévention des tsunamis



Il suffit de courir 10 mn vers l'intérieur des terres (environ 2 km)
pour être hors de danger, si l'on est prévenu à temps, évidemment.

Le Japon, qui a subi plus de 150 tsunamis depuis 1895, est un pionnier en matière de prévention : en sensibilisant la population *, en installant des systèmes d'alerte et en protégeant les rivages par la plantation d'arbres et par la construction de digues de 15 m de hauteur.

L'Indonésie a annoncé des règles très sévères pour la reconstruction de la province d'Aceh :
- une zone tampon naturelle où l'on laissera repousser la mangrove et la forêt ;
- la construction de digues ;
- l'interdiction de construire des zones résidentielles à moins de deux kilomètres du rivage.

A Hawaii, la cartographie des zones inondables par un tsunami est visible sur tous les annuaires téléphoniques et les constructions proches du littoral doivent être sur pilotis.

Aux Maldives, des blocs de béton dépassant de trois mètres le niveau de la mer doivent diminuer l'impact d' un tsunami.

* Lorsque la population ressent un séisme ou que la mer se retire d'une façon anormale, il faut fuir le rivage et gagner les hauteurs.


Alerte

A cause de l'origine le plus souvent sismique des tsunamis, on a installé dans les zones à risques comme le bassin du Pacifique, après le tsunami de 1946 à Hawaii, des réseaux d'alerte : depuis 1949, le Pacific Tsunami Warning Center  ou PTWC, basé à Ewa Beach à Hawaii, diffuse des bulletins d'alerte.

Système d’alerte international dans le Pacifique : Très axé sur la surveillance des séismes, en particulier des séismes tsunamis, il est basé à Honolulu depuis 1965 et géré par la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration). Il est équipé d’une trentaine de stations sismiques et de 78 marégraphes. Il permet de donner l’alerte une heure avant l’arrivée d’un tsunami. Mais ce dispositif n'est effectif que pour les populations vivant à plus de 750 km de l'épicentre.

Lorsqu'un tremblement de terre se produit, le mouvement de la secousse est amplifié et enregistré par les sismographes afin de déterminer la position du séisme et sa magnitude.

Dès que l'alarme est donnée, on tente de déterminer si le tremblement de terre a généré un tsunami. En fonction de l'épicentre du séisme, on calcule le trajet et l'heure possible d'arrivée des vagues en différents endroits.

Ensuite, on se fie aux données des détecteurs de marée installés le long des côtes du Pacifique pour tenter de suivre le parcours du tsunami. Une fois par seconde, ces détecteurs mesurent le niveau de la mer. Si celui-ci s'élève ou chute rapidement, on peut alors supposer qu'un tsunami important vient d'atteindre le détecteur de marée.

Dès que ce constat est fait, l'information doit circuler le plus rapidement possible, car certains tsunamis locaux peuvent frapper en moins de 30 minutes !

Un système de communications indépendant transmet l'information à travers tout le Pacifique. Vingt-cinq pays sont branchés sur le Pacific Tsunami Warning Network.

Une fois qu'il est à peu près certain qu'un tsunami s'est produit, on avertit immédiatement les autorités. À Hawaii, un message se met alors à défiler sur les écrans de télévision. Quand les sirènes se mettent à hurler, il faut évacuer le littoral. C'est ce qui est arrivé lors des alertes au tsunami de 1986 et de 1994, mais dans les deux cas, les tsunamis étaient tout petits et les mesures d'évacuation avaient été superflues.

Cependant les populations en danger ne disposent pas toujours des moyens de recevoir à temps les bulletins d'alerte, par manque d'équipement ou parce que certains séismes sont trop proches des côtes, comme le 17 juillet 1998 en Papouasie-Nouvelle-Guinée (fête de l'indépendance) où un tsunami fit près de 3 000 victimes.



Marégraphes acoustiques (à ultrasons) servant à prévoir l'arrivée d'un tsunami

On a mis aussi en place de nombreux systèmes d’alerte régionaux, comme à Tahiti pour des distances de 100 à 750 km de l’épicentre d’un séisme. Dans ce cas, l’alerte est donnée environ 10 à 12 minutes après le séisme.

Au Japon, le système OBS (Ocean Bottom Seismograph) permet de détecter les séismes en pleine mer à l’aide de sismographes et d’instruments qui mesurent la pression exercée par l’eau avec deux systèmes à 2200 m et 4000 m de profondeur. Les données sont transférées toutes les 20 secondes par câble à des stations de surface, puis par téléphone au Tsunami Warning Center de la JMA (Japan Meteorological Agency) à Tokyo.

Il existe également un centre de mesure et d'alerte pour l'Alaska et la côte ouest des Etats-Unis, le West Coast / Alaska Warning Center ou WC / ATWC ; il est basé à Palmer en Alaska.


En février 2005, à la veille de la deuxième Conférence sur la prévention des risques naturels * à Kobe, au Japon, les propositions de système de détection des tsunamis se sont multipliés.

La France propose d’installer à l’île de la Réunion un système global de prévention et d’alerte pour tous les risques concernant l’Océan Indien.

Les Etats-Unis annoncent un plan de renforcement de l’alerte dans le Pacifique et l’Atlantique :

30 nouvelles bouées DART (Deep-ocean Assessment and Reporting of Tsunami) viendront s’ajouter d’ici 2007 aux six déjà installées dans le Pacifique.



Une bouée DART (Deep Ocean Buoy) vient d'être révisée


Elles permettent de détecter les mouvements en profondeur grâce à des capteurs de pression situés sur le fond de l’océan, reliés à la bouée en surface qui envoie immédiatement les informations au centre de contrôle d'Hawaii par un satellite géostationnaire GOES.



Le système de prévention des tsunamis par bouées flottantes


23 nouvelles bouées seront installées dans le Pacifique, cinq dans l’Atlantique et deux dans les Caraïbes. Le réseau des capteurs sismiques sera également étendu.



Implantation des nouvelles bouées DART
(en rouge)
En jaune, celles qui sont déjà installées.

 

* organisée par les Nations Unies. Le lieu et la date avait été initialement choisis pour commémorer les dix ans du terrible séisme du 17 janvier 1995 qui avait tué plus de 6.000 personnes à Kobe. La mise au point d’un système d’alerte dans l’océan Indien a été ajoutée à l’agenda de la conférence après le tsunami du 26 décembre 2004.

Page mise à jour le 13/09/2012